Lyon - 2014 - 2015

Sur cette page sont résumés les répertoires et informations les plus importants, vus durant les 8 séances de création vocale collective à Lyon pour la saison 2014-2015.

29 mars 2015

Dernière séance de la saison, cette journée porte ouverte a été consacrée à rechanter tous les répertoires polyphoniques et monodiques présentés sur cette page.

Une chanson nouvelle

La Courte Paille

Ce sont les enfants de Marseille, sur les eaux s’en vont naviguer,
Ont bien été sept ans sur mer, de terre sans pouvoir approcher,
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

Au bout de la septième année, de provisions, ils ont manqué,
Leurs chiens, leurs chats, il faut qu’ils mangent, jusqu’aux courroies de leurs souliers,
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

Ils ont tiré la courte paille, savoir lequel serait mangé,
Le capitaine a fait les pailles, la plus courte lui est resté,
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

Fit appeler P’tit Jean son page : « P’tit Jean veux-tu mourir pour moi ? »
« Auparavant mais que je meure, dedans les hun’s je veux monter. »
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

Il ne fut pas à demi-hune, se mit à rire et à chanter,
« Ah ! Qu’as-tu donc, P’tit Jean, mon page ? Qu’as-tu à rire et à chanter ? »
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

« Courag’, courag’ mon capitaine ! Je vois la terre de tous côtés,
Je vois les terres sarrasines, je vois les Sarrasins danser. »
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

« Je vois les moutons dans la plaine, les bergères à les garder,
Je vois trois pigeons qui voltigent, je vois trois dames les soigner. »
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

« Je vois trois jolies demoiselles, dans Babylon’ s’y promener,
Si jamais je descends à terre, la plus bell’ je l’épouserai. »
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

« Si jamais en mer je retourne, avec moi je l’amènerai,
Dans la chambre du capitaine, avec moi je la coucherai. »
Vi(i)vrons nous toujours en tristesse ? Aurons-nous jamais la liberté ?

Tout savoir sur Marius Barbeau

1 mars 2015

Les chansons

LA FILLE ABANDONNÉE (voir la chanson apprise lors de l’atelier du 1er février): version augmentée des textes transmis par Roland Scales (lui dit « texte rapiécé »). L’atelier chant garde la mélodie recueillie par Jérôme Bujeaud et propose la narration qui suit, sachant qu’il est tout à fait possible de faire différemment.

Roland Scales
Roland Scales

J’ai un petit voyage à faire, de cinq à six mois tout au plus,
De cinq à six mois tout au plus, Dessus la mer, si loin la belle,
Ma mie quand je s’rai de retour, peut être qu’on y fera l’amour.

J’avais promis à ma maîtresse, De la suivre jusqu’au tombeau
Sur une feuille de l’ormeau, J’avais écrit cette promesse
Mais il arrive un’ bouffée d’ vent, Adieu la belle et le serment.

L’y a-t-un mois ou cinq semaines, Que ma maîtresse je l’ai vue,
Que ma maîtresse je l’ai vue, Allant le long de la rivière,
Là je l’ai vue et rencontré’, Un autre amant à ses côtés.

Je lui ai dit : « Charmante brune, tu n’as plus d’amitié pour moi,
Tu n’as plus d’amitié pour moi, Après m’avoir fait la promesse,
Après m’avoir juré cent fois, Que tu n’aim’rais jamais que moi. »

Mais la belle avait le cœur tendre, les larmes lui coulent des yeux,
Les larmes lui coulent des yeux, voyant ça je m’approchais d’elle,
Je mis la main sur ces genoux, « Petit cœur doux consolez-vous. »

« Comment veux-tu que j’me console, Tous les marins sont des trompeurs
Tous les marins sont des trompeurs, Ce sont des débaucheurs de filles
Mais moi, si je t’en faisais autant, J’ resterais fidèle sans amants.»

Les filles sont comme la rose, Tout un chacun veut la couper,
Tout un chacun veut la couper, Du moment qu’elle est boutonné(e)
Mais une fois la fleur fanée, Adieu la belle et le rosier

Le marin qui n’a qu’une maîtresse, Ne fait pas l’amour quand il veut
Mais moi comme un gars généreux, J’en ai z-une demi-douzaine
C’est la plus belle qu’aura mon cœur, Les autres iront chercher ailleurs

« Comment veux-tu que j’me console, Je suis abandonnée de tous,
Je suis abandonnée de tous, De mon père aussi de ma mère,
Et de toi mon fidèle amant, Celui que mon cœur aime tant. »

Peter Kennedy Collection
Écouter Georges Le MOIGNE de Guernesey


PETITE CHAMBRIÈRE
Collecte Catherine Perrier et John Wright en Vendée
Chantée par Adèle Gloriau en 1969, à Challans (85 – Le Mollin)

Petite chambrière, qui se levait matin, (bis)
Qui se levait matin lalala, qui se levait matin.

Elle prend sa quenouillette, elle s’en va au moulin, (bis)
Elle s’en va au moulin lalala, elle s’en va au moulin.

Trois coups frappe à la porte, « Dormez-vous Mathurin, (bis)
Dormez-vous Mathurin lalala, dormez-vous Mathurin. »

« Je dors ni ne sommeille, je veille en mon moulin, (bis)
Je veille en mon moulin lalala, je veille en mon moulin. »

Il la prend, il l’embrasse, la jette sur le grain, (bis)
La jette sur le grain lalala, la jette sur le grain.

« Meunier tu m’y farines, tu m’y rendras toute blanche, (bis)
Tu m’y rendras toute blanche lalala, tu m’y rendras toute blanche. »

« Ah si je te farine, je t’époussett’rai bien, (bis)
je t’époussett’rai bien lalala, je t’époussett’rai bien.

Avec (que) l’époussette que j’ai dans mon moulin, (bis)
Que j’ai dans mon moulin lalala, que j’ai dans mon moulin. »

Mode plagal de RÉ ou LA, pas de sixte qui permettrait de faire la différence.
Ambitus : LA⇓ – SOL⇑( en mode de RÉ)
Solmisation RÉ.
LA⇓ LA⇓ LA⇓ RÉ MI FA MI – RÉ RÉ RÉ RÉ DO LA⇓ (bis)
LA⇓ LA⇓ LA⇓ RÉ MI FA SOL FA MI – RÉ MI FA RÉ DO RÉ.
Ambitus : MI⇓-RÉ ⇑ (en mode de LA)
Solmisation LA
MI⇓ MI⇓ MI⇓ LA SI DO SI – LA LA LA LA SOL MI⇓(bis)
MI⇓ MI⇓ MI⇓ LA SI DO RÉ DO SI – LA SI DO LA SOL LA.

Écouter Adèle Gloriau de Challans


Jerome Bujeaud

Jérôme Bujeaud – Provinces de l’ouest.(Saintonge, Aunis, Bas-Poitou)

Dans l’jardin de ma tante, Plantons le romarin !
Y’a un oiseau qui chante, Plantons le romarin !
Ma mie, au milieu du jardin.

Y’a un oiseau qui chante, Plantons le romarin !
On sait ce qu’il veut dire, Plantons le romarin !
Ma mie, au milieu du jardin.

On sait ce qu’il veut dire, Plantons le romarin !
Mariez-vous les filles, Plantons le romarin !
Ma mie, au milieu du jardin.

Mariez-vous les filles, Plantons le romarin !
Avec (que) ces bons drilles, Plantons le romarin !
Ma mie, au milieu du jardin.

Avec (que) ces bons drilles, Plantons le romarin !
Et n’allez pas les filles, Plantons le romarin !
Ma mie, au milieu du jardin.

Et n’allez pas les filles, Plantons le romarin !
Pourrir derrièr’ les grilles, Plantons le romarin !
Ma mie, au milieu du jardin.

Mode de RÉ – LA avec sixte mobile (SI et SIB)
Ambitus : l’octave
Dans la 1ère partie de la mélodie, la sixte est majeure.
Dans la deuxième partie, elle est mineure.
Solmisation
LA LA SOL LA SI DO DO RÉ LA SOL DO SI LA
LA SIB LA SOL FA LA SOL SOL FA MI RÉ- MI FA SOL LA SIB LA SOL LA SIB
LA SOL FA SOL FA MI SOL-LA SOL FA MI RÉ

1 février 2015

Documents

Jerome Bujeaud

À propos de Jérôme Bujeaud (1834 –1880)
Son recueil des « Chants et chansons populaires des provinces de l’ Ouest » (collecte 1865-1866) fut une œuvre consciencieusement travaillée et mûrie, très documentée, qui posa Jérôme Bujeaud parmi les premiers folkloristes.
Ses amis, ses parents, furent pour lui des collaborateurs intelligents et dévoués qui lui signalaient les nombreuses chansons venues à leur connaissance. Madame Bujeaud, excellente musicienne, était une associée extrêmement précieuse qui, recueillant les airs de la bouche même des paysans. Elle sut admirablement les interpréter et les traduire dans leur tonalité et leur cadence.
Tous ces travaux, très appréciés dans l’Ouest par les hommes de lettres et les érudits et plus particulièrement sa publication si documentée sur les chansons populaires, l’appelèrent à faire partie de la Société des Gens de Lettres et lui firent décerner les palmes académiques (1868).

Les chansons

LA FILLE ABANDONNÉE
Jérôme Bujeaud – Provinces de l’ouest.
Jerome Bujeaud

L’y a-t-un mois ou cinq semaines, Que ma maîtresse je l’ai vue,
Que ma maîtresse je l’ai vue, Allant le long de la rivière,
Là je l’ai vue et rencontré’, Un autre amant à ses côtés.

Je lui ai dit : « Charmante brune, tu n’as plus d’amitié pour moi,
Tu n’as plus d’amitié pour moi, Après m’avoir fait la promesse,
Après m’avoir juré cent fois, Que tu n’aim’rais jamais que moi. »

Mais la belle avait le cœur tendre, les larmes lui coulent des yeux,
Les larmes lui coulent des yeux, voyant ça je m’approchais d’elle,
Je mis la main sur ces genoux, « Petit cœur doux consolez-vous. »

« Comment veux-tu que j’me console, Je suis abandonnée de tous,
Je suis abandonnée de tous, De mon père aussi de ma mère,
Et de toi mon fidèle amant, Celui que mon cœur aime tant. »

Les filles sont comme la rose, Tout un chacun veut la couper,
Tout un chacun veut la couper, Du moment qu’elle est boutonné(e)
Personn’ veut plus la ramasser, Aussitôt qu’ell’ vient de tomber.

Mode de FA-DO
La première partie de la mélodie semble exprimer un mode de DO, la note FA revient souvent et la note DO semble être la place du bourdon.
Mais la suite de la mélodie donne une autre analyse car la quarte augmentée (SI) marque définitivement la mode de FA et sa couleur si particulière. La note finale est bien FA.
Solmisation mélodie
DO⇓ RÉ MI FA – LA SOL FA RÉ⇓ DO⇓ – DO⇓ RÉ MI FA SOL LA SOL FA
DO⇓ FA SOL LA LA SOL SI LA – LA SI SOL FA LA SOL FA RÉ⇓ DO⇓
DO⇓ FA SOL LA LA SOL SI LA – SI SI SOL FA SOL LA SOL FA.

Frise petit personnage

J’AI DEMANDÉ – Z – À MA MÈRE
Jérôme Bujeaud – Provinces de l’ouest.
Jerome Bujeaud

J’ai demandé-z-à ma mère : « La marié ‘ quand je la s’rai ? »
Ma mèr’ m’a fait la réponse : dans cinq ans si je voulais.
Cinq ans je n’attendrai guère, cinq ans je n’attendrai pas. (bis)

J’ai demandé-z-à mon père : « La marié ‘ quand je la s’rai ? »
Mon pèr’ m’a fait la réponse : dans quatre ans si je voulais.
Quatre ans je n’attendrai guère, quatre ans je n’attendrai pas. (bis)

J’ai demandé-z-à mon oncle : « La marié ‘ quand je la s’rai ? »
Mon oncl’ m’a fait la réponse : dans trois ans si je voulais.
Trois ans je n’attendrai guère, trois ans je n’attendrai pas. (bis)

J’ai demandé-z-à ma tante : « La marié ‘ quand je la s’rai ? »
Ma tante m’a fait la réponse : dans deux ans si je voulais.
Deux ans je n’attendrai guère, deux ans je n’attendrai pas. (bis)

J’ai demandé-z-à mon frère : « La marié ‘ quand je la s’rai ? »
Mon frèr’ m’a fait la réponse : dans un ans si je voulais.
Un an je n’attendrai guère, un an je n’attendrai pas. (bis)

J’ai demandé-z-à ma soeur : « La marié ‘ quand je la s’rai ? »
Ma sœur m’a fait la réponse : dès demain si je voulais.
Collin, allons à l’église, Collin allons-y demain. (bis)

Mode de SOL- RÉ
La partition du collecteur correspond au mode.
Le refrain exprime clairement l’appui sur la sous tonique à un ton qui colore le mode de SOL.
Solmisation mélodie :
SOL SOL DO DO DO RÉ DO LA SI DO RÉ RÉ DO SI LA (bis)
LA LA SI DO LA SI SOL LA SOL FA FA – LA LA DO SI LA SI SOL (bis)

Frise petit personnage

LA MAÎTRESSE INFIDÈLE
Chantée par Léon Talichet (Châteauroux) – Barbillat et Touraine : Chansons populaires dans le Bas Berry.
Barbillat et Touraine

Quand j’étais à la guerre, je ne pouvais dormir, (bis)
J’avais dans ma pensée ma bien aimée ;
J’ai ach’té mon congé pour l’épouser.

En entrant chez mon père, j’ai salué mes parents, (bis)
« Bonjour chers père et mère parents et frèr ‘s ;
Où donc qu’est ma maîtresse que j’aime tant ? »

Mes parents bien en peine m’ont dit : « Mon cher enfant, (bis)
Ta charmante maîtresse vit sans tourment ;
Tu trouv’ras avec elle un autre amant. »

Je m’en vais chez la belle, trois petits coups frappant, (bis)
« Ouvrez, ouvrez la porte à votre amant,
Qui revient de la guerre le cœur content. »

J’ai bien vu à sa gloire, à son air de fierté, (bis)
Que mon père et ma mère, ma parenté,
M’avait dit sur la belle la vérité.

Assis sur une chaise, la têt’ sur mes genoux, (bis)
En lui disant ma peine et mes adieux,
J’ai vu couler les larmes de ses beaux yeux.

Et de là chez mon père, je me suis en allé, (bis)
« Adieu chers père et mère, plus de congé !
Je retourne à la guerre pour l’oublier. »

Mode plagal de RÉ-FA ou LA-DO, commençant sur la quarte dessous.
On ne peut pas faire la différence car aucune note de l’échelle de l’un ou l’autre mode peut nous le permettre. La sous tonique est mobile, elle passe de 1 demi-ton à 1 ton pour revenir à 1 demi-ton.
Ambitus : sixte mineure (de LA⇓ à FA)
Solmisation Ré
LA⇓ LA⇓ RÉ RÉ MI RÉ DO# RÉ MI FA RÉ FA MI (bis)
MI MI MI RÉ MI FA – RÉ DO RÉ DO
MI MI MI RÉ MI FA – RÉ DO# MI RÉ
Solmisation LA
MI ⇓ MI⇓ LA LA SI LA SOL# LA SI DO LA DO SI (bis)
SI SI SI LA SI DO – LA SOL MI SOL
SI SI SI LA SI DO – LA SOL# SI LA

Frise petit personnage

Cours 2014-2015

Sur cette photo, voici une petite partie du Kommando/Gang/Société protectrice de la modalité, présent(e)s ce jour au sein de la Compagnie Beline et du 5 ième arrondissement lyonnais. Une partie seulement car certains et certaines manquent : le photographe (qui a pris des risques incroyables en montant sur une chaise …), les occupant(e)s des toilettes, les malades de la grippe et autres infections, celles et ceux qui ne veulent pas être vu(e)s sur ce réseau social. Le slogan scandé : MODALITÉ ! MODALITÉ ! Aussitôt scandé, aussitôt chanté. Nous avons milité et fait avancer la cause du mode de FA-DO ainsi que de SOL-RÉ dans le recueil de Jérôme Bujeaud. Nous n’en resterons pas là et nous nous proposons de continuer à vibrer au sons des bourdons, d‘élargir nos actions à d’autres modes, et aussi à nous amuser comme des folles et fous que nous sommes. Il manque 10 personnes, la prochaine fois nous suspendrons le photographe au plafond afin qu’il puisse embrasser de son appareil photo l’ensemble des militant(e)s, surtout celles et ceux qui se sont caché(e)s dans les coins.

18 janvier 2015

Documents

L’ornementation :
Définition extraite de Sciences de la Musique (Bordas):
Art de disposer des ornements pour embellir, varier ou amplifier une mélodie vocale ou instrumentale.
À l’origine, il relève de la tradition orale. L’interprète obéit à une nécessité intérieure, souvent inconsciente; il s’empare d’une mélodie préexistante et y improvise des changements et des additions. Cette pratique se maintint durant le moyen Age, la Renaissance et même au-delà; elle s’est perpétuée jusqu‘à nos jours dans la musique populaire.

Les ornements dans les traditions orales :
Revue Modal – Collecter la mémoire de l’autre – Geste Éditions
Article « La voix parmi les recueils » Jean François Dutertre
Il faut distinguer un élément de style sur lequel les collecteurs ont insisté : les ornements.
En effet, le thème de l’ornementation des chansons populaires revient sans cesse sous la plume des collecteurs et sa récurrence permet d’affirmer qu’ils en ont été vivement frappés, suffisamment pour le constituer en trait spécifique et remarquable de l’art des chanteurs populaires.
Déjà, Nerval(1877) les avait décrits avec émotion dans Sylvie :
« La mélodie se terminait à chaque stance par ces trilles virevoltantes que font valoir si bien les voix jeunes, quand elles imitent par un frisson modulé la voix tremblotante des aïeules. »
Pour Pénavaire (1906) (Nivernais) :
« C’est un mélange de petites notes, de gruppetti plus ou moins rapides, de ports de voix, avec crescendo ou diminuendo, de sons tremblés, de longs points d’orgue …»
Pour Bujeaud (1865) (Provinces de l’Ouest) :
« Le pibolage, lui consiste dans les ornements et les agréments pétillants de santé dont tout bon chanteur du village pare et termine ses chansons. »
Pour Servettaz (1910) (Savoie):
« Il se plait, il est vrai à revêtir les chants de nombreuses fioritures, petites notes d’agrément, port de voix … »
Pour Garneret et Culot (1971) (Franche-Comté) :
« Nos mélodies de terroir sont très riches en notes d’agrément et fioritures de toutes sortes. »
Pour Marguerite Gauthier-Vvillars (1929) (Bourbonnais et Dauphiné):
« Les chansons d’amour sont les préférées des beaux chanteurs de village, celles où ils aiment à lancer la voix, pour orner de mille fantaisies de cristal si simples, si courtes, presque toujours diatoniques, d’un ambitus restreint mais d’un art caché. »
Pour Marguerite et Raoul D’Harcourt (1956) (Québec) :
« C’est avec délices qu’il plaçait ses fioritures, savait les modérer ou au contraire les accroître : simple appoggiature, mordant, gruppetto ou double gruppetto … »

Les chansons

LA BELLE EST AU JARDIN D’AMOUR
Chansons populaires du Val de Loire et des pays avoisinants – Maurice Chevais

Maurice Chevais

La belle est au jardin d’amour, Y’a plus d’un mois et six semaines.
Son pèr’ qui la cherche partout, Son cher amant qu’en est en peine.

« Allez d’ mander à ces bergers, S’ils l’auraient vu’ qu’ils nous l’enseignent ! »
« Berger, berger, mon doux berger, N’as-tu pas vu la beauté même ? »

« Comment est elle donc vêtue, Est ce de lin ou bien de laine ? »
« Elle est vêtue d’un jupon bleu, Doublé d’une blanche futaine. »

« Elle est là-bas dans le vallon, Assise au bord d’une fontaine,
Un petit oiseau dans les bras, À qui la bell’ conte ses peines. »

« Petit oiseau, que t’es heureux, D’être entre les bras de ma belle,
Car, moi qui suis son amoureux, Jamais j’ai pu m’approcher d’elle. »

Faut-il être auprès d’un ruisseau, Sans pouvoir y boire à son aise ?
Faut-il être auprès d’un rosier, Sans pouvoir y cueillir la rose ?

« Buvez, buvez, galant, buvez, Car c’est pour vous que l’ruisseau coule,
Cueillez la ros’, galant, cueillez, Car c’est pour vous qu’elle est éclose. »

Mode de RÉ-LA, commençant sur la quarte au dessus du bourdon.
Toute la 1ère partie de la mélodie semble être en mode de SOL (mode majeur) mais c’est à la toute fin que nous avons la solution avec la conclusion sur RÉ. Ambitus : l’octave
Mélodie Solmisation RÉ
SOL SOL SOL LA SI RÉ SI LA – RÉ RÉ RÉ LA SI SOL LA SOL FA.
DO DO DO RÉ DO SI LA SOL – DO DO DO LA FA SOL LA MI FA MI RÉ.

Frise petit personnage

PETIT PANIER ROSE, PETIT PANIER BLANC
FRANCIS MICHOT - MORVAN

Petit panier rose, petit panier blanc,
C’est toi qu’i’est la cause de tous mes tourments.
Ah ! si tu m’aimes, si tu m’aimes, si tu m’aimes,
Ah ! si tu m’aimes, blondinette et prends- moi donc !

On dit que la grive aime le raisin,
Moi qui ‘n’suis pas grive j’aime le bon vin,
Ah ! si tu m’aimes, si tu m’aimes, si tu m’aimes,
Ah ! si tu m’aimes, blondinette et prends- moi donc !

FRANCIS MICHOT
Francis Michot, (1903-1987), chanteur de Gien-sur-Cure (Morvan).

Frise petit personnage

BAS DANS CES PRAIRIES

Là-bas dans la prairie - Bujeaud

Là-bas dans ces prairies, j’ai rencontré ma mie,
Seule dans ces vallons, gardant ses blancs moutons.

Je m’suis approché d’elle, pour lui conter les peines,
Les pein’ et les tourments, qu’ell’ me donne en tout temps.

« Si vous saviez, la belle, comme l’amour donn’ de peine,
Vous béniriez le jour, que l’on vous fait l’amour. »

La petite bécasse, nuit et jour sur la glace,
N’a pas plus de tourment, qu’un’ fille sans amant.

L’oiseau qui sur la branche, toujours qui pleur’, qui chante,
N’a pas plus de frayeur, qu’ l’amant n’en a au cœur.

« Veux-tu venir mignonne, veux-tu venir à Bayonne,
Avec (que) mes talents, nous gagn’rons de l’argent. »

Quand ell’ fut dans ces landes : « Grand Dieu ! comme elles sont grandes !
O berger mon ami, somm ‘-nous loin du logis ? »

« Courag’ ma mi’, courage, nous approchons du village,
À la premièr’ maison, belle nous logerons. »

« Bien le bonjour, l’hôtesse, qu’ y a t-i pour ma maîtresse ? »
« Une tranche de jambon, ça s’ra t’il assez bon ? »

« Qu’on apport’ sur la table de beaux plats de salade,
Salade de céleri, pour mettre en appétit. »

« Qu’on apport’ sur la table du bon vin de la cave,
Du bon vin de liqueur, pour réchauffer le cœur. »

« Montons dans ma chambrette, car j’vois venir mon père,
Mon père aussi maman, Ah ! cachons nous promptement. »

« Bonsoir madame l’hôtesse, je suis là pour finesse,
Y a-t-i ‘ dans vot’ maison, un’ fille et un garçon ? »

« Ah oui ! » répond l’hôtesse, « L’ galant et la maîtresse,
Ils sont tous deux en haut à prendre leur repos. »

Mode de RÉ-SOL
Ambitus : LA⇓ – (RÉ bourdon) – SOL
La sixte majeure est bien présente mais à l’octave dessous (SI)
Solmisation Ré
RÉ RÉ DO RÉ – FA MI DO LA⇓ – SI DO RÉ – RÉ DO RÉ – FA MI DO LA⇓
LA⇓ RÉ⇑ FA MI SOL FA MI – RÉ MI FA RÉ DO LA⇓ DO MI RÉ

Frise petit personnage

14 décembre 2014

Les chansons

J’IRAI PLUS À LA GUERRE
Rond – Édouard Sébillot, Beausoleil, Herbignac – Octobre 1978
Instants de mémoire – Hervé Dréan. Tradition orale populaire autour de la Roche-Bernard (Haute-Bretagne)

La roche Bernard

J’irai plus à la guerre, lon la, j’irai plus à la guerre,
Lon la lure luré, car je n’ai rien gagné (bis).

J’ai r’çu trois coups de lance, lon la, j’ai r’çu trois coups de lance,
Lon la lure luré, que l’Anglais m’a donné (bis).

J’en ai un à la tête, lon la, j’en ai un à la tête,
Lon la lure luré, l’autre dans le côté (bis).

Et l’autr’ qui touche au cœur, lon la, et l’autr’ qui touche au cœur (e),
Lon la lure luré, j’suis là et j’en mourrai (bis).

Allez chercher le prêtre, lon la, allez chercher le prêtre,
Lon la lure luré, il faut se confesser (bis).

J’n’ai pas besoin du prêtre, lon la, j’n’ai pas besoin du prêtre,
Lon la lure luré, car j’ai jamais péché (bis).

J’ai jamais trompé d’filles, lon la, j’ai jamais trompé d’filles,
Lon la lure luré, contre leur volonté (bis).

Rien que la belle Hélène, lon la, rien que la belle Hélène,
Lon la lure luré, encore elle le voulait (bis).

Mélodie dont l’ambitus est la quinte : nous pouvons solmiser soit en mode de DO soit en mode de SOL. La 1ère partie présente une petite ambiguïté : serions nous dans un mode mineur ? La 2ième partie de la mélodie apporte la solution : nous sommes dans un mode majeur, la mélodie commence sur la seconde majeure du mode.
Solmisation DO
RÉ MI FA MI DO⇓ MI MI MI RÉ – RÉ MI FA MI DO⇓ MI RÉ
RÉ MI MI MI RÉ MI – SOL SOL FA MI RÉ DO (bis)
Solmisation SOL
LA SI DO SI SOL⇓ SI SI SI LA – LA SI DO SI SOL⇓ SI LA
LA SI SI SI LA SI – RÉ RÉ DO SI LA SOL (bis)

Frise petit personnage

J’AI FAIT UN RÊVE
Hervé Dréan. Missillac

Carte

J’ai fait un rêve la nuit dernière (bis)
Tralalala, que ma mie était morte la, Tralalala, que ma mie était morte.

Mon rêve il n’a point été vrai (bis)
Tralalala, ma mie elle n’est point morte la, Tralalala, ma mie elle n’est point morte.

Sellez, bridez moi mon cheval (bis)
Tralalala, que j’aille voir la mie la, Tralalala, que j’aille voir la mie.

Je ne fus pas à mi-chemin (bis)
Tralalala, mon cheval tombe à terre la, Tralalala, mon cheval tombe à terre.

Il est tombé sur ses genoux (bis)
Tralalala, sur trois boutons de rose la, Tralalala, sur trois boutons de rose.

Tenez ma mie, voilà mon cœur (bis)
Tralalala, mon cœur que j’vous apporte là, Tralalala, mon cœur que j’vous apporte.

Galant ce n’est point là ton cœur (bis)
Tralalala, c’est trois boutons de rose la, Tralalala, c’est trois boutons de rose.

Je suis venu vous convier (bis)
Tralalala, d’y venir à mes noces la, Tralalala, d’y venir à mes noces.

Mais à la noce, si vous venez (bis)
Tralalala, ne changez point de robe la, Tralalala, ne changez point de robe.

La belle avait mal entendu (bis)
Tralalala, trois fois changea de robe la, Tralalala, trois fois changea de robe.

En a pris une en satin blanc (bis)
Tralalala, l’autre est couleur de rose, Tralalala, l’autre est couleur de rose.

L’autre est couvert’ de violet (bis)
Tralalala, c’est elle que la belle porte, Tralalala, c’est elle que la belle porte.

Mode de DO – FA. Mélodie très resserrée.
Ambitus : Trois tons.
RÉ DO SI DO – RÉ RÉ MI RÉ (bis)
RÉ RÉ RÉ RÉ DO RÉ MI FA RÉ MI RÉ DO
RÉ RÉ RÉ RÉ DO RÉ MI FA RÉ MI DO

Frise petit personnage

30 novembre 2014

Invité : Emmanuel Pesnot, le luthier des voix

« Chanter c’est prendre la parole »

Les fiches pédagogiques d’Emmanuel Pesnot

Bibliographie :
LE BEAU PARLER FRANÇOIS – Nicole Rouillé. Livre et CD
La prononciation de la langue publique au XVIIéme et XVIIIéme siècles.
Éditions Delatour France
ANATOMIE POUR LA VOIX – Blandine Calais-Germain – François Germain
Comprendre et améliorer la dynamique de l’appareil vocal.
Éditions Désiris
UN SITE INTERESSANT : CHANTEZ VOUS FRANÇAIS ?

Émmanuel Pesnot

Emmanuel Pesnot découvre la Brasserie Georges


Emmanuel Pesnot

Posture

Triangle vocalique

Posture - dos

Frise petit personnage

16 novembre 2014

Plusieurs exercices en échauffement :

Les ailes des anges


Les chansons

LA JOLIE FILLE DU GÉOLIER

La Jolie Fille du Geolier
Complainte – Chants et chansons du nivernais – Achille Millien
Chanté par Michelle Paulard, veuve Philippe, Corbigny. 1807

C’est dans la ville de Lyon , y’a une geôlière, (bis)
Elle est jolie comme le jour, un prisonnier lui fait l’amour. (bis)

Un dimanche de bon matin, ell’ s’en fut chez le juge, (bis)
À ses genoux ell’s’est jeté’ : « Oh ! faites grâce au prisonnier ! » (bis)

Le juge la prend par la main : « Relevez –vous Françoise, (bis)
Il est jugé, il en mourra, votre cœur s’en consolera. » (bis)

Elle s’en y va sans plus tarder, Au logis de son père, (bis)
« Elle prend les clefs sous l’oreiller, à son amant les a portées. » (bis)

« Sors vite, sors de la prison, Pierre mon ami Pierre, (bis)
Sors vite, sors de la prison, les portes sont à l’abandon ! » (bis)

« De la prison je n’ sortirai, Françoise ma mignonne, (bis)
De la prison je n’ sortirai, que mon procès ne soit jugé. » (bis)

Ils se sont assis sur un banc, contant leurs pein’ ensemble. (bis)
Ils ne fur’ pas sitôt assis, ils ont vu le bourreau venir. (bis)

« Oh voici l’ heur’ qu’il faut mourir, Françoise ma mignonne, (bis)
Tir’ l’anneau d’or que j’ai au doigt, et cherche un autre amant que moi. » (bis)

« Un autr’ amant je n’aurai pas, Pierre mon ami Pierre, (bis)
Un autr’ amant je n’aurai pas, je veux mourir entre tes bras. » (bis)

En arrivant sur l’échafaud, avant que de s’étendre, (bis)
Le patient dit au bourreau : « Couvrez ma mie de mon manteau » (bis)

Le grand juge qui était là, voyant ces amours tendres : (bis)
« Oh ! puisqu’ils se sont tant aimés, il nous faut donc les marier. » (bis)

Mode authente RÉ LA – Sixtes mobiles
Exemple de la mobilité de la sixte en mode authente de RÉ : elle majeure en montant (SI) et mineure (SIB) en descendant. La mélodie va jusqu ‘a la septième (DO⇑). Pas de sous tonique (DO⇓)
Solmisation Mélodie
RÉ RÉ RÉ LA SI DO SI SOL – LA DO SI LA SOL LA LA
RÉ RÉ RÉ LA SI DO SI SOL – LA DO SI LA SOL LA LA
LA LA SIB LA SOL⇓ SOL⇓ FA⇓ FA⇓ – SOL SOL SOL LA SIB SOL LA FA RÉ
LA LA SIB LA SOL⇓ SOL⇓ FA⇓ FA⇓ – SOL SOL SOL LA SIB SOL LA FA RÉ

medieval

ROSSIGNOLET SAUVAGEBEAUQUIER

Rossignolet Beauquier
Chansons populaires recueillies en Franche-Comté – Charles Beauquier

Rossignolet sauvage, rossignolet charmant,
Donne-moi des nouvelles, de mon cher amoureux.

Il m’a dit de l’attendre, là-haut dans ces grands bois,
Hélas ! j’ai beau l’attendre, l’ingrat ne revient pas.

« Votre amoureux, la belle, la mer il a passé.
Je suis son capitaine, je puis vous l’assurer. »

« Prends tes habits, la belle, habill’-toi z’en guerrier,
Tu marcheras sans doute quarante jours entiers. »

« Quarante jours de marche, quarante jours et nuits,
Quarante jours de marche, tu seras au pays. »

En entrant dans la ville, elle voit son amant,
Qui faisait l’exercice, sous un drapeau volant.

« Si j’avais su la belle, que tu viendrais ici,
J’aurais passé la mer, tu n’m’aurais pas revu. »

« Mon Dieu est-il possible, que j’aie fait tant de pas,
Pour un amant que j’aime et qui ne m’aime pas ! »

« Rossignolet sauvage, messager langoureux,
Donne-moi des nouvelles, de mes aut’s amoureux. »

« Tes amoureux la belle, ils sont tous mariés,
Et ils ont pris pour femmes des fill’s de la Comté. »

« Et ils ont pris pour femmes des fill’s de la Comté,
Et toi, pauvre fillette, te voilà délaissée. »

Un erreur d’impression peut donner des résultas intéressants. Ne corrigeons pas la place du « bémol ». On peut analyser cette mélodie comme un mode authente de RÉ LA, mais il y a un degré supplémentaire qui change toute la couleur, c’est la quarte augmentée (SOL#) qui intervient comme une sensible de la quinte. C’est peut-être une erreur de notation ou de l’imprimeur.
Solmisation Mélodie
RÉ FA SOL# LA RÉ SI⇑ LA – RÉ FA SOL# LA FA MI.
LA⇑ LA⇑ LA⇑ FA RÉ SOL# MI – RÉ FA SI⇑ LA LA RÉ⇓.

medieval

LA FILLE QUI SE TUE POUR SAUVER SON HONNEUR

La fille qui se tue pour sauver son honneur
« Enlevée par le fils du roi » – Aventures tragiques – Achille Millien

C’était trois camarades, c’était trois camarades,
En s’en allant s’ baigner, la violette, sur l’arrivée d’un gué, la violé.

Le fils du roi qui passe, le fils du roi qui passe,
« Laquelle veut être ma mie ? » la violette, « Laquelle veut être ma mie ? », la violé.

Lui répond la plus jeune, lui répond la plus jeune,
« Ce ne sera pas moi », la violette, « Ce ne sera pas moi », la violé.

Lui répond la misène (la cadette), lui répond la misène,
« Ca n’s’ra pas moi non plus ! », la violette, « Ca n’s’ra pas moi non plus ! », la violé.

Lui répond la plu vieille, lui répond la plus vielle,
« Faut donc que ça soit moi ! », la violette, « Faut donc que ça soit moi ! », la violé.

« Donnez moi votre main blanche, donnez moi votre main blanche, »
« Sur mon cheval montez », la violette, « Sur mon cheval montez », la violé.

La belle a fait cent lieues, la belle a fait cent lieues,
Sans rire et sans plorer, la violette, Sans rire et sans plorer, la violé.

Tout au bout des cent lieues, tout au bout des cent lieues,
Elle se prit à plorer, la violette, Elle se prit à plorer, la violé.

« Qu’avez vous donc la belle, qu’avez vous donc la belle ? »
« Qu’avez vous à plorer ? » la violette, « Qu’avez vous à plorer ? » la violé.

« Je plor’ mes camarades, je plor’ mes camarades,
Tant loin j’les ai laissés », la violette, « Tant loin j’les ai laissés », la violé.

« Que m’donn’rez vous la belle ?, Que m’donn’rez vous la belle ? »,
« Je vous remmènerai », la violette , « Je vous remmènerai », la violé.

« Cent écus de ma poche, cent écus de ma poche »,
« Seront bientôt comptés », la violette, « Seront bientôt comptés », la violé.

« M’en faudrait bien cent autres, m’en faudrait bien cent autres, »
« Cent autr’ pour vous remm’ner », la violette, « Cent autr’ pour vous remm’ner », la violé.

« Débillez vous la belle, débillez vous la belle »,
« C’est temps de nous coucher », la violette, « C’est temps de nous coucher », la violé.

« Ma robe est trop étroite, ma robe est trop étroite »,
« Je n’peux point la quitter », la violette, « Je n’peux point la quitter », la violé.

« Donnez moi votre épée, donnez moi votre épée »,
« D’un point j’en découdrai », la violette, « D’un point j’en découdrai », la violé.

Lui donne son épée, lui donne son épée,
Dans l’cœur se l’est planté, la violette, dans l’cœur se l’est planté, la violé.

« Ah ! voilà ma mie morte, Ah ! voilà ma mie morte ! »
« Faut la faire sonner », la violette, « Faut la faire sonner », la violé.

Nous f’rons sonner les cloches, nous f’rons sonner les cloches »,
Dans deux cent vingt clochers, la violette, Dans deux cent vingt clochers, la violè.

Nous lui f’rons faire sa fosse, nous lui f’rons faire sa fosse,
Par deux cent vingt pionniers, la violette, par deux cent vingt pionniers, la violé.

Aux quatr’ coins de la fosse, aux quatr’ coins de la fosse,
Belle pomm’ d’orang’ y aurait, la violette, belle pomm’ d’orang’ y aurait, la violé.

Tout au mitan d’la fosse, tout au mitan d’la fosse,
Le rossignol chant’rait, la violette, le rossignol chant’rait, la violé.

Frise petit personnage

2 octobre 2014

Sur cette page, reportez vous aux liens concernant les années précédentes pour consulter les exercices variés de technique vocale et respiratoire. Toutes les informations concernant les collecteurs y sont notées ainsi que les définitions.

Contenus documentaires

Solmisation :
Méthode consistant à chanter les notes à l’aide de syllabes, permettant de reconnaître les qualités des intervalles, de discerner les tons et demi-tons. Les syllabes de la solmisation ne correspondent pas à des hauteurs fixes mais qualifient la situation de chaque note.

Mémoire CEFEDEM de Clémence Cognet – Le Collectage


Les chansons

LA BELLE JE M’Y MARIE
Recueillie auprès de Valentine Guilloteau à Angles sur l’Anglin.
Figure sur le disque vinyl « Chants et musiques du pays chauvinois » recueillis par les Chantegrioux – MJC centre culturel – 86300 CHAUVIGNY.
Enregistrements réalisés entre 1973 et 1980. Merci à Chantal et René Pothet.

René Pothet
Informations concernant le travail de recherche et d‘écriture de René Pothet


Nous travaillons l’interprétation de Solange Panis


Solange Panis

Actuellement en poste au Conservatoire de Chateauroux (Chant et Danse), Solange a fait partie de la première formation de Roulez Fillettes. On peut entendre son interprétation de « La belle je m’y marie » sur le premier CD de ce groupe : Amour que j’ai.
Roulez Fillettes – Amour que j’ai
Fille d’un grand collecteur, Pierre Panis, Solange Panis transmet avec passion les répertoires chantés et dansés de la tradition orale du Centre France hérités de son père.

La belle, je m’y marie, Viendras-tu à mes noces ?
La belle, si tu y viens, faudra t’y faire plus belle,
Tambour, tu fais couler mes larmes et mes amours.

La belle n’a pas manqué, Qu’elle s’est fait faire trois robes,
L’une en beau satin blanc et l’autre couleur de rose,
Tambour, tu fais couler mes larmes et mes amours.

Et l’autre, plus belle encore, Était garnie en or,
Tant loin la voit venir, voilà la mariée,
Tambour, tu fais couler mes larmes et mes amours.

J’suis pas la mariée, Mais je devrais bien l’être,
La prena sous le bras, la mena à la danse,
Tambour, tu fais couler mes larmes et mes amours.

Fit rien qu’un tour ou deux, La belle tomba morte,
Clocheur, mon beau clocheur, vas t’en sonner les cloches,
Tambour, tu fais couler mes larmes et mes amours.

Sonne les un peu plus fort, Que son père l’entende,
Son père va bien venir, mon dieu quelles tristes noces !
Tambour, tu fais couler mes larmes et mes amours.

Fosseur, mon bon fosseur, Vas t’en creuser la fosse,
Fais là un peu grande que trois personnes y rangent.
Tambour, tu fais couler mes larmes et mes amours.

Mode authente DO SOL
La mélodie finit par le dessus de la tonique et ne passe pas par la sensible. Commence sur la corde récitative inversée (octave basse SOL⇓).
Solmisation Mélodie
SOL⇓ DO RÉ MI RÉ DO – MI FA SOL LA SOLSOL SOL
SOL⇑ SOL LA SOL FA RÉ – MI FA SOL SOL FA MI – DO SI DO RÉ
MI FA SOL LA FA MI FA RÉ MI DO.

medieval

DANS PARIS Y’A UNE BRUNE
Chants et chansons de la Savoie (ancien Duché de Savoie) – Claudius Servettaz
Chantée par les moisonneurs – Héry-sur-Alby – Marcellaz ( Albanais) – Cruseilles.


Dans Paris y’a une brune, parlant de la marier,
Dans Paris y’a une brune, parlant de la marier.

Richement on la demande, promptement on l’a donnée,
Richement on la demande, promptement on l’a donnée,

Y a son père et sa mère, rien n’y faisait que pleurer,
« Pourquoi pleurer pères et mères, et pourquoi tant soupirer ? »

« Nous pleurons de vous ma fille que l’on va vous marier,
Marier en Angleterre, jamais on n’vous reverra. »

Quand elle fut sur la montagne, elle vit le soleil lever,
Elle dit à son beau page : « Qu’est ce qui brille tant là-bas ? »

« C’est le soleil et la lune qui brillent au fond de l’eau,
C’est le soleil et la lune qui brillent au fond de l’eau. »

« J’voudrais bien trouver un homme qui voulût s’y rentourner,
Pour dire à mes pères et mères que j’en suis bien mariée. »

« Que j’ai pris le plus bel homme qu’il y eusse dans nos contrées. »
« Et moi la plus belle des femmes qu’il y eusse dans nos vallées. »

Dans Paris y’a une brune qui n’en est bien mariée,
Dans Paris y’a une brune qui n’en est bien mariée.

Mode plagal : SOL – SI
La mélodie qui finit bien sur la « tonique » (SOL), tourne autour de la tierce majeure (SI) et descend jusqu’à l’octave grave de la corde récitative du mode authente correspondant (RÉ). La première formule mélodique comprend 1/2 ton sous la tonique, on peut penser à un mode de DO, mais ensuite, la sous tonique est bien à un ton et colore clairement le mode de SOL.
Ambitus : sixte majeure
Solmisation mélodie
SOL SOL SOL SOL SOL LA SOL FA # MI – SOL LA SI LA SOL SI LA
SOL LA SI SOL LA – SI LA SOL LA FA MI RÉ⇓
SOL SOL SOL SI LA – SI LA SOL FA SOL

medieval

LE CONSEIL AUX JEUNES FILLES
Mélange de différentes versions (textes) du Barbillat et Touraine (Berry).

Barbillat et Touraine

C’est à vous les jeunes filles qui voulez-vous marier (bis)
Allez-y mais prenez garde à ces garçons débauchés,
Tenez bon, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.
Soutenez vous, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.

Ils font les doux et les sages, quand ils sont à marier, (bis)
Mais après le mariage sont des diables déchaînés,
Tenez bon, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.
Soutenez vous, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.

Et l’on voit ces pauvres femmes aux fenêtres regarder (bis)
Se disant les unes les autres, j’voudrais être à marier,
Tenez bon, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.
Soutenez vous, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.

Mais cela ne peut plus être quand le curé y’a passé, (bis)
Le curé aussi le maire et tous ceux qui ont signé,
Tenez bon, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.
Soutenez vous, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.

Ajouté par Yvon Guilcher.

C’est à vous les jeunes filles qui allez au bal danser, (bis)
Votre amant qu’est dans la danse va vous marcher sur le pied,
Tenez bon, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.
Soutenez vous, tenez vous droites et ne vous laissez pas tomber.

Mode plagal : RÉ – FA
La mélodie qui finit bien sur la « tonique » (RÉ), tourne autour de la tierce mineure (FA) et descend jusqu’à l’octave grave de la corde récitative du mode authente correspondant (LA)
Ambitus : sixte mineure
Solmisation mélodie
RÉ RÉ FA FA MI RÉ MI MI – RÉ RÉ FA FA MI RÉ MI (Bis)
RÉ RÉ FA FA MI RÉ MI MI – RÉ DO SI MI RÉ DO LA
RÉ RÉ FA – FA MI RÉ MI – RÉ DO SI MI RÉ DO RÉ (Bis)

medieval

ROSSIGNOLET SAUVAGE
Mélodie de la Loire : Chrétiens, réveillez vous – Passeur : P.Fournier/ Ardes/Couze, 63
Texte adapté : Rossignolet (Haute-Loire)
Merci à l’AMTA pour la mise à disposition du collectage.
Chrétiens – collectage.mp3

Rossignolet du bois, rossignolet sauvage
Apprends- moi ton langage, comment l’amour se fait,
Apprends- moi z’à parler.

Comme l’amour se fait ? C’est d’aller voir les filles
En leurs disant : « La belle je serai ton amant »
Les embrasser souvent.

La belle dans ton jardin, il y’a de belles roses,
Permettez- moi la belle que j’y mette la main,
La belle dans ton jardin.

Apporte- moi la lune, le soleil à la main,
Tu cueilleras les roses qui sont dans mon jardin,
Tu y mettras la main.

La lune, elle est trop haute, le soleil est trop loin,
Y’a bien d’autres manières pour y mettre la main,
La belle dans ton jardin.

Mode authente DO SOL
Solmisation mélodie
FA MI DO FA MI RÉ – FA MI DO FA MI RÉ DO
RÉ MI FA SOL LA LA FA – LA SOL FA MI DO RÉ
SOL FA MI RÉ DO.


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