La musique en définitions - Vrac à connaître

Documents tirés de « Sciences de la musique » Éditions Bordas.

LA QUINTE

Cinquième degré de la gamme diatonique, intervalle à distance de cinq degrés.
À l ‘état normal, la quinte est « juste » et se compose de 3 tons et un demi-ton diatonique. Elle est, après l’octave, l’intervalle qui a le rapport de fréquences le plus simple (3/2) d’où son rôle prépondérant dans l’organisation mélodique et harmonique (dominante).

La dominante est la seconde note essentielle et le second pôle d’intérêt de la mélodie, la première étant la tonique à laquelle elle sert de contrepoids. Mais alors que celle-ci établit un état de repos, la dominante représente un état de tension et de mouvement.
Le mot « dominante » n’apparaît qu’au 17 ième siècle et correspond à l’ancienne « teneur » des chants psalmodiques ainsi qu’à la « mèse » des grecs anciens.

En modalité grégorienne, la « dominante » désigne également la « répercussa » et correspond au 5 ième degré des modes authentes mais aussi au 3 ième et au 4 ième degré des modes plagaux. Ce n’est qu’en musique tonale que la dominante est toujours à la quinte de la tonique. En raison de l’accord instable qu’elle supporte, le phénomène de tension est très accru et la dominante devient la fonction principale ainsi que le rôle dynamique de l’écriture harmonique alors que la tonique représente le pôle statique.

La quinte diminuée : 2 tons + 2 demi-tons (1 diatonique + 1 chromatique)
La quinte juste : 3 tons + 1 demi-ton diatonique.
La quinte augmentée : 3 tons + 2 demi-tons (1 diatonique + 1 chromatique)
Si on rend plus grand d’1 demi-ton chromatique l’intervalle juste, il devient augmenté.
Si on rend plus petit d’1 demi-ton chromatique l’intervalle juste, il devient diminué.

La quinte naturelle (en grec : diapente) : elle est la même dans les systèmes de Pythagore et de Zarlino et légèrement inférieure dans le système tempéré.

LA QUARTE

Quatrième degré de la gamme diatonique, intervalle à distance de quatre degrés.
À l ‘état normal, la quarte est « juste » et se compose de 2 tons et un demi-ton diatonique.
Au Moyen Age, la quarte est préférée à la quinte jusqu’à la fin du 11 ième siècle.
L’organum (ou diaphonie) du 9 ième au 11 ième siècle se faisait en successions parallèles de quintes ou de quartes mais Guy d’Arezzo n’admettait que ces dernières.
Au 11 ième et 12 ième siècles les quintes et les quartes sont considérées également consonantes et sont utilisées soit isolément soit consécutivement.
Dès la fin du 12 ième siècle, la quarte est placée parmi les dissonances mais ce n’est qu’avec le 14 ième siècle que cette attitude se généralise.
La quarte (et le ton) sont les intervalles premiers pour la voix alors que la quinte est l’intervalle premier pour les instruments. La quarte servit de base pour la constitution de la gamme : le tétracorde.
Le ton fut défini comme la différence entre la quinte et la quarte.

La consonance maintient comme repère de structure les intervalles de quinte ou quarte et tend peu à peu à compléter la gamme p ar des sons nouveaux trouvés en utilisant ces mêmes intervalles.
• Quarte + quinte (do-fa-do)
• Quinte + quarte (fa-do-fa)
En ajoutant 1 demi-ton chromatique à la quarte juste, on obtient la quarte augmentée usuellement appelée TRITON car elle est composée de trois tons entiers.
En système tempéré, le triton a la particularité de couper l’octave en deux parties égales ayant la même valeur que son renversement : quarte augmentée = quinte diminuée.
Ceci explique que dans la pratique, le terme triton soit indifféremment appliqué à l’intervalle ou à son renversement.
La sonorité est tendue et explosive et confère au triton une position exceptionnelle parmi tous les autres intervalles. Au Moyen Age, le triton était interdit et son éviction posait de difficiles problèmes (DIABOLUS IN MUSICA)

La quinte et la quarte sont les seules consonances parfaites de la musique au Moyen Age.
Peu à peu s’y ajoute la tierce, note la plus proche de l’harmonique suivant.
Mais c’est d’abord une consonance imparfaite réservée aux temps faibles et qui doit se résoudre sur la quinte voisine.
À la tierce majeure donnée par la résonance s’ajoute par analogie la tierce mineure qui n’y figure pas, du moins en partant de la fondamentale, mais que l’on trouve à la même distance, à partir de certaines notes de la gamme comme RÉ, MI ou LA.
La tierce majeure, seule naturelle, conservera toutefois longtemps certains privilèges qui s’effaceront peu à peu avec l’accoutumance.

Au 16 ième siècle, la tierce devient consonance parfaite et s’ajoute à la quinte pour former d’abord l’accord parfait qui devient base de la consonance.
La tierce majeure naturelle garde encore prééminence sur la mineure artificielle par exemple pour la fin des morceaux.

La tierce neutre (7 quarts de ton ou 1 ton 3/4) est le compromis entre la tierce majeure et la tierce mineure, qu’une oreille occidentale conditionnée par l’éducation hésitera à interpréter, l’assimilant tantôt à l’une tantôt à l’autre selon le contexte ou la disposition d’esprit.
L’oreille orientale, par contre, la pratique couramment dans de nombreuses musiques, notamment dans le monde arabe, ou elle fait partie de la définition de plusieurs modes.
Elle ne s’assimile pas avec ses voisines majeures et mineures qu’on retrouve pourtant dans d’autres modes.

LA TIERCE

Troisième degré de la gamme : intervalle à distance de trois degrés.
La tierce majeure est constituée de 2 tons.
La tierce mineure est constituée d’un ton et d’un demi – ton diatonique.
La différence entre les deux est d’un demi -ton chromatique.
La valeur de la tierce est variable suivant le système employé : la tierce naturelle majeure (en grec DITONUS) se retrouve identique dans le système zarlinien ou elle provient de la division harmonique de la quinte. Elle est sensiblement plus grande dans le système de Pythagore puisqu ‘elle résulte de l’addition de 4 quintes naturelles avec le retrait de 2 octaves ou bien (ce qui revient au même) de l’addition de 2 tons entiers d’où le nom DITONUS utilisé pendant tout le Moyen Age pour désigner la tierce majeure pythagoricienne.
La différence entre la tierce majeure pythagoricienne et la tierce naturelle s’appelle COMMA SYNTONIQUE.
La tierce tempérée a une valeur intermédiaire entre les deux autres tierces.

Tierces superposées : théorie justifiant la construction des accords à l’aide de tierces ajoutées les unes aux autres. Elle commença à se répandre avec l’emploi de la basse continue au 17 ième siècle. Jean Philippe Rameau en affirmant que tout accord parfait est constitué de deux tierces de natures différentes a fortement contribué à imposer définitivement cette conception de la construction des accords. Au 19 ième siècle elle est généralement admise et étendue à la formation des accords de 7 ième et de 9 ième puis plus tard de 11 ième et de 13 ième.
La théorie des tierces superposées n’est que partiellement justifiée par la succession des harmoniques, mais correspond à un « primat esthétique et affectif » accordé à la tierce du 16 ième au début du 20 ième siècle.

Tierce picarde : c’est probablement Jean Jacques Rousseau qui employa pour la première fois l’expression (dictionnaire de la musique – 1767)
« Les musiciens appellent ainsi par plaisanterie, la tierce majeure donnée au lieu de la mineure à la fin d’un morceau composé en mode mineure. » Mais il ajoutait que de son temps, cette pratique paraissait démodée et que l’on terminait toujours dans le ton du morceau.
Ce n’est que vers la fin du 17 ième que la tierce mineure terminale devient usuelle.
Jean Sébastien Bach utilisait couramment la tierce picarde, ce qui alors était un trait particulièrement conservateur.

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Beline > 12.04.17

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Beline > 9.03.17

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Trad en Mai : du 10 au 14 mai 2017
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Beline > 20.08.16

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