Après le stage "Modalité" de René Zosso : Définitions - Explications - Illustrations

Le stage “modalité” conduit par René Zosso, passionnant et foisonnant, a ouvert de multiples portes sur l’histoire de la musique, la naissance de la notation et son évolution. Les répertoires de la tradition orale ont gardé nombre de structures musicales anciennes. Ils restent les témoins privilégiés de l’appropriation des avancées musicales des cultures de l’oralité, et de leurs fondements immuables.
Sur cette page, nous retrouvons les définitions et sujets abordés par René Zosso, ainsi que des illustrations relatives aux différentes étapes de l’histoire de la notation musicale.

Les neumes en notation carrée

Neumes



Définition Liquescence


Les chantres


Tonaire
Tonaire (lettres guidoniennes). Système de notation alphabétique utilisé par Guy d’Arezzo au 11 ième siècle.
Extrait de L’image Musique d’Olivier Cullin, chez Fayard.

Tonaire

Livret dans lequel les antiennes de l’office et de la messe sont classées suivant l’ordre numériques des 8 tons du plain chant grégorien et, à l’intérieur de chaque ton, par différences psalmodiques. Le tonaire n’est pas un livre liturgique. S’il présente les pièces du chant liturgiques, c’est sous un aspect musical, celui de la modalité grégorienne. Ce livre d’usage pratique servait aux chantres, à une époque où n’existait pas la notation musicale, à emmagasiner dans la mémoire les différences psalmodiques les mieux adaptées pour chaque antienne, de façon à donner du premier coup l’intonation exacte.
Le tonaire présente une physionomie particulière suivant chaque région : souvent un théoricien s’en empare et le remodèle suivant des principes qu’il expose dans un prologue, en reclassant les pièces de manière nouvelle. Le tonaire est un précieux témoin pour étudier les variations de la théorie de la modalité, et surtout pour connaître la conception des premiers compositeurs du chant grégorien.

Extrait de Sciences de la musique, Collection Marc Honegger, Éditions Bordas.


Troubadours et Trouvères

Extrait de Histoire de la musique, La musique occidentale du Moyen-Age à nos jours, Collection Marc Honegger, Éditions Bordas.

Le chant des Troubadours, répandu au 12 ième siècle au sud de la France, depuis le Limousin et le Périgord jusqu’à la Catalogne et l’extrême limite de la Provence, montre dès ces premières manifestations, vers les années 1100, une unité linguistique tout à fait exceptionnelle. Écrits en langue d’Oc, les poèmes témoignent d’une langue commune de culture à mi-chemin entre latin et « langue vulgaire », adoptée assez uniformément dans tous les pays de parlers occitans à la suite des premiers grands troubadours (Guillaume de Poitiers, Marcabru …)

Le chant des Trouvères, dont les débuts sont postérieurs d’une soixantaine d’années à son correspondant occitan, possède une aire d’expansion qui couvre toute la France du Nord.
D’expression française, la langue poétique traduit le morcellement dialectal du domaine d’Oil à l’époque : anglo-normand, picard, champenois, francien, bourguignon, etc…, toute une kyrielle de dialectes dont la copie manuscrite a en partie conservé les traces écrites.

C’est dans le milieu des cours seigneuriales d’Occitanie que la chanson qu’on appellera « courtoisie » naîtra et essaimera avec le plus de bonheur. Aristocratique et profane, par les préoccupations dont elle fait montre, elle développe en particulier une conception raffinée des rapports amoureux, exprimée pour l’essentiel dans un thème poétique privilégié : la « fin’amor »; la chanson des troubadours nous apparaît assez nettement différenciée de son homologue française.
Celle-ci, d’aspect plus simple, même si l’amour courtois y reste un pôle thématique marquant, met l’accent ailleurs, entre autres sur des motifs « popularisants ». La pensée, moins spéculative et plus concrète, traduit la contribution poétique de la bourgeoisie des villes du Nord de la France.


Le Virelai

Ce terme semble avoir pour origine les différentes formules allitératives vireli, virela, virelai. Bâties à partir di verbe virer (« tourner »), elles évoquent peut-être l’usage des onomatopées qui servent à scander le refrain de la danse. La structure musicale du virelai est intermédiaire entre celles du rondeau et de la balada.
Du XIIIe au XVe siècle, c’est la forme la plus répandue de la chanson française. Le virelai classique débute, par une strophe – refrain reprise après chacune des trois strophes-couplets de huit vers. De plus, la dernière partie de la strophe reprend ordinairement la mélodie du refrain. Le virelai a d’abord été une danse, puis une chanson à danser (ballettes du XIIIe siècle). On rencontre la forme du virelai dans les laudi italiennes du XIIIe siècle et, en Espagne, dans les cantigas de Santa Maria ; de même dans le villancico du XVe siècle. C’est au XIVe siècle que le virelai acquiert son autonomie véritable : Guillaume de Machaut en est le maître incontesté. Il comporte alors nécessairement un accompagnement musical.

Cantigas de Santa Maria
Cantigas de Santa Maria
Extrait de Histoire de la musique, La musique occidentale du Moyen-Age à nos jours, Collection Marc Honegger, Éditions Bordas.

Guillaume de Machaut

(1300 env.-1377) est un musicien – poète, chanoine de Reims, mêlé intimement à la vie des plus grands personnages de son temps. Il fut à la fois le dernier des trouvères et l’un des principaux promoteurs de l’art nouveau, l‘« Ars nova », codifié par Philippe de Vitry, où il se révéla plus souple et plus varié. La messe de Machaut n’est pas seulement un des sommets de la musique médiévale, c’est un chef-d‘œuvre universel. Guillaume de Machaut est né en Champagne. On présume qu’il étudia à Reims. Une bulle du pape Benoît XII, datée de 1335, nous apprend que Machaut est clerc et secrétaire du puissant Jean de Luxembourg, roi de Bohême, depuis une douzaine d’années. On peut donc tenir pour certain qu’il entra à son service en 1323. Plusieurs de ses œuvres témoignent de son activité auprès de ce prince : Le Jugement du roi de Behaigne (1346 env.), Le Confort d’ami (1357), La Fonteinne amoureuse (1360-1362), La Prise d’Alexandrie (1370-1371).

Virelai Guillaume de Machaud
“Dame a vous sans retollir”, virelai, G. de Machaud.
Extrait de L’image Musique d’Olivier Cullin, chez Fayard.


Chanson Belle bonne sage de Baude Cordier
Chanson “Belle bonne sage de Baude Cordier (début 15ième), typique de la notation maniériste, aux alentours de 1400.
Extrait de L’image Musique d’Olivier Cullin, chez Fayard.


Graduel Triplex

Afin de faciliter la prise en compte des notations primitives dans le chant, Solesmes publiait en 1979 le Graduel Triplex, qui superpose la version en notes carrées de l‘édition précédente et une copie minutieuse des neumes des manuscrits de la famille sangallienne (Saint Gall) en rouge en dessous de la portée et les neumes du manuscrit de Laon en noir au-dessus de la portée.

Page du Graduel Triplex

(Evelyne Girardon)

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Le Vrac de Trad s’est interrompu quelques mois. Mille excuses pour le silence : la sortie d’un CD (La Fontaine Troublée), une toute nouvelle création pour le Chantier à Correns, nous ont beaucoup occupé.
Concert « La Fontaine Troublée » : retrouvez le répertoire du CD sur scène en Trio (Chabenat – Girardon – Sibéril) : Rencontres Musicales de Nedde (87120) : 24 septembre 2011 à 20h30
Ateliers de pratique vocale collective Compagnie Beline : saison 2011-2012.
Les inscriptions sont ouvertes, il reste peu de places, manifestez vous si vous souhaitez nous rejoindre.

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Graphisme © : Nicolas Castellan 2005-2008